Révision annuelle du loyer : conditions, calcul et limites
La révision annuelle du loyer dépend d’une clause du bail, du calcul fondé sur l’IRL et du respect d’un délai. Les logements F ou G sont soumis à des restrictions spécifiques.

La révision annuelle du loyer n’est pas automatique. Pour l’appliquer, le bailleur doit vérifier que le bail contient une clause de révision, respecter la date prévue et utiliser l’indice de référence des loyers (IRL) publié par l’Insee. Des règles particulières s’appliquent en outre aux logements classés F ou G au diagnostic de performance énergétique. Une hausse calculée sans tenir compte de ces conditions peut être contestée par le locataire.
La révision concerne les locations de résidence principale soumises à la loi du 6 juillet 1989, qu’elles soient vides ou meublées. Le contrat doit prévoir expressément cette possibilité. La clause indique normalement la date de révision et le trimestre de l’IRL retenu comme référence. Si elle ne fixe pas de date, la révision intervient chaque année à la date anniversaire du bail. En l’absence de clause, le loyer reste inchangé pendant la durée du contrat, sauf accord entre les parties ou dispositif légal distinct.
Le calcul repose sur le loyer hors charges et sur la variation de l’IRL. La formule consiste à multiplier le loyer actuel hors charges par le nouvel indice, puis à diviser le résultat par l’indice de référence du bail. Le trimestre à retenir dépend de la clause : il faut comparer des indices correspondant au même trimestre, publiés à un an d’intervalle. Si le contrat ne précise pas l’indice de référence, le texte prévoit de retenir le dernier IRL publié à la date de signature du bail. L’Insee publie les indices trimestriels ; le bailleur doit donc s’appuyer sur la valeur officielle applicable, et non sur une estimation de l’évolution des prix.
La révision doit être demandée dans l’année qui suit la date prévue au contrat, conformément à l’article 17-1 de la loi du 6 juillet 1989. Si le bailleur laisse passer ce délai, il perd le bénéfice de la révision pour l’année écoulée. Lorsqu’il la demande à temps, la hausse prend effet à compter de sa demande : elle ne permet pas de réclamer rétroactivement les sommes correspondant aux mois antérieurs. Il est prudent de notifier le nouveau montant par écrit et de conserver une trace de l’échange, en précisant le calcul et les indices utilisés. La révision ne modifie pas le montant des charges, qui obéit à des règles distinctes.
Le classement énergétique peut empêcher toute augmentation. En France métropolitaine, pour les contrats conclus, renouvelés ou tacitement reconduits depuis le 24 août 2022, le loyer des logements classés F ou G ne peut pas être augmenté dans les conditions prévues par la loi. Cette interdiction concerne notamment la révision annuelle par l’IRL. Elle s’étend aux départements et régions d’outre-mer depuis le 1er juillet 2024. Le bailleur doit vérifier le DPE applicable au logement et la date à laquelle le contrat entre dans le champ de la mesure. Cette règle s’inscrit dans le calendrier de décence énergétique, mais elle ne signifie pas que toutes les locations de logements F ou G sont déjà interdites : les échéances et les situations concernées diffèrent.
Avant d’actualiser un loyer, vérifiez donc la clause du bail, le calendrier de la demande, le trimestre d’IRL retenu et la classe énergétique du logement. La révision n’est possible que dans le respect de ces conditions ; en cas de doute sur le contrat ou sur l’application de l’interdiction liée au DPE, les textes officiels et les informations de l’Anil permettent de préciser le cadre applicable à votre situation.