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Quittance de loyer : quand le bailleur doit-il la transmettre ?

Le locataire qui a payé l’intégralité de son loyer et de ses charges peut demander une quittance gratuite. Voici les règles de transmission et la différence avec un reçu de paiement partiel.

Une main pose un justificatif de paiement près des clés d’un logement.

Après le paiement du loyer, un locataire peut demander un document qui atteste des sommes réglées. Le bailleur doit alors lui transmettre gratuitement une quittance, à condition que le paiement soit complet pour la période concernée. Cette obligation figure à l’article 21 de la loi du 6 juillet 1989, qui encadre les locations de résidence principale. Elle concerne les locations vides et, par renvoi des règles applicables aux logements meublés, les baux meublés soumis à ce régime.

La quittance n’est pas automatiquement envoyée chaque mois : le texte prévoit que le locataire en fait la demande. Celle-ci peut être formulée par écrit, par exemple par courriel ou dans un courrier adressé au bailleur. Une fois la demande reçue, le propriétaire ou son mandataire doit remettre le document sans facturer de frais. Il ne peut donc pas ajouter une somme pour la préparation, l’envoi ou la gestion de la quittance. Cette gratuité vaut également lorsque la gestion locative est confiée à une agence.

Pour être utile, la quittance doit préciser les sommes versées en distinguant le loyer des charges. Le document concerne une période déterminée et atteste que les montants correspondants ont été acquittés. Il ne se confond pas avec un avis d’échéance, qui indique ce que le locataire doit payer, ni avec une simple preuve de virement, qui établit une opération bancaire sans nécessairement détailler la répartition entre loyer et charges. Le bailleur a intérêt à vérifier que les montants inscrits correspondent aux paiements effectivement reçus.

Si le locataire ne règle qu’une partie des sommes dues, le bailleur ne délivre pas une quittance pour la totalité de l’échéance. Il remet un reçu correspondant au paiement partiel. Cette distinction évite qu’un document soit interprété comme la preuve que l’ensemble du loyer et des charges a été payé. Le reçu doit donc refléter le montant effectivement encaissé, tandis que le solde restant dû demeure exigible selon les conditions prévues au bail. La remise du reçu ne vaut pas abandon de ce solde.

La transmission dématérialisée est possible avec l’accord exprès du locataire. En l’absence de cet accord, le bailleur ne peut pas imposer l’envoi électronique comme seul mode de remise. Il est prudent de conserver une copie des quittances et des reçus transmis, ainsi que la demande du locataire et, le cas échéant, son accord à la dématérialisation. Ces documents facilitent le suivi du compte locatif et permettent de retrouver les justificatifs en cas de désaccord sur les paiements.

En pratique, le bailleur doit donc distinguer trois situations : l’avis d’échéance annonce les sommes à payer, la quittance confirme le paiement intégral après demande du locataire, et le reçu constate un règlement partiel. Le fondement de l’obligation est l’article 21 de la loi du 6 juillet 1989. Respecter cette distinction et la gratuité de la transmission permet de fournir un justificatif adapté sans laisser croire qu’une somme encore due a été réglée.